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ACTUALITÉS GEM2026-01-15

GEMExpert – Pas tous pareils ! » - Les étudiants en école de commerce plébiscitent la diversité de leurs enseignants

Diversité

Temps de lecture : 0 min

Une école de commerce qui veut performer dans les classements internationaux doit afficher une forte diversité du corps professoral, ainsi que des évaluations élevées des enseignants par les étudiants. Mais ces derniers apprécient-ils cette diversité de leurs professeurs ? Trois chercheurs, dont deux de GEM, consacrent un article à ce sujet et esquissent les contours d’un corps enseignant « idéal ».

Interview de Yashar Bashirzadeh, professeur assistant à Grenoble Ecole de Management (GEM)
 

Yashar BashirzadehPourquoi vous intéresser à la diversité du corps professoral dans les écoles de commerce ?

Yashar Bashirzadeh : ces écoles vivent sous forte pression institutionnelle. Par exemple, dans le classement des masters en management du Financial Times, la diversité des enseignants est encouragée et pèse à elle seule 10% de la note finale. À l’inverse, on note aujourd’hui aux Pays-Bas une volonté de réduire la part de cours en anglais dans l’enseignement supérieur, au profit du néerlandais ; la diversité recule. Ou aux États-Unis, des initiatives en faveur de la diversité sont supprimées. Ce sujet devient un enjeu politique.

À partir de quelles données avez-vous mené votre recherche ?

Y.B. : Nous avons collecté les évaluations attribuées sur neuf ans par près de 20 000 étudiants d’une école de commerce française à environ 1000 enseignants. Ces données sont issues d’un processus en double aveugle : l’étudiant doit communiquer son évaluation pour obtenir sa note d’examen, le professeur doit transmettre les notes pour avoir accès à son évaluation. Autrement dit, les appréciations des uns et des autres ne sont pas biaisées par une envie de « punir » ou de « remercier » l’autre partie.

Vos principales conclusions ?

Y.B. : De prime abord, les étudiants considèrent la diversité de leurs professeurs comme un plus. Mais quand on approfondit ce constat, tout devient plus complexe. Ainsi, il existe une solidarité de genre : les étudiantes évaluent un peu mieux les professeures, les étudiants en font autant pour les professeurs. Autre exemple, les évaluations des professeurs baissent à mesure qu’ils vieillissent, alors que celles des professeures sont basses à leurs débuts, atteignent un maximum vers 48 ans puis diminuent ; mais elles restent supérieures à celles de leurs collègues masculins jusqu’en fin de carrière.

Certaines nationalités sont-elles plus prisées que d’autres ?

Y.B. : Non : ce que les étudiants évaluent positivement, c’est la « distance culturelle », le fait que les professeurs soient différents d’eux en termes d’origine géographique ou de représentations, par exemple sur le respect des hiérarchies sociales ou sur la priorité donnée à l’individu ou au groupe. Cette différence est perçue comme un enrichissement de l’expérience d’apprentissage.

Comment expliquez-vous ces résultats ?

Y.B. : Notre étude est observationnelle, il en faudrait une autre pour rentrer dans le « pourquoi ». Toutefois, elle confirme que les écoles de commerce vont dans la bonne direction en accentuant la diversité de leur corps professoral. Elle montre aussi l’importance de prendre du recul vis-à-vis des évaluations plus faibles des jeunes professeures. Celles-ci ne doivent pas être pénalisées en termes d’évolution de carrière : titularisation, promotion, responsabilités accrues, etc.  Au contraire, elles devraient être soutenues.

 

La publication
Yashar Bashirzadeh, Luc Meunier, and Robert Mai : Do Business School Students Value Faculty Diversity? Insights From a Dyadic Analysis of Students’ Evaluations of Teaching, Academy of Management Learning & Education

 

Bio express
Yashar Bashirzadeh est professeur assistant dans l’équipe de recherche « Marketing Stratégique et Innovation » de GEM. Il travaille comme modélisateur empirique sur des questions de recherche ancrées dans l’industrie. Ses travaux portent essentiellement sur les sciences comportementales. Il utilise des expériences sur le terrain et des données de terrain pour étudier la prise de décision. Plus précisément, il étudie les utilisateurs de jeux freemium, de services et de sites web, ainsi que les étudiants et les anciens élèves.

Robert Mai est professeur dans l’équipe de recherche « Comportement du consommateur » de GEM. Ses recherches portent sur le comportement des consommateurs et des acheteurs (industriels), et plus précisément sur les innovations durables, les soins de santé, la prise de décision en matière d’alimentation, ainsi que sur le management international et le marketing interculturel.


Les programmes GEM associés

Etudiants - Students Grenoble Ecole de Management


▶  MSc Marketing Strategy

▶  MSc Digital Marketing & Data Analytics

 Doctorate of Business Administration (DBA)

▶  PhD in Business Administration
 

 

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