31 mars 2025
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Un nouveau projet de recherche pour la chaire Energy for Society

GEM
En avril 2023, la chaire Energy for Society a inauguré un nouveau cycle de recherche sur l’adhésion sociale aux infrastructures énergétiques. Rencontre avec Eduardo Méndez León, chercheur post-doctoral au sein de la chaire, dont le projet porte sur l’analyse de l’acceptabilité au travers de l’outil des business models.

Quels sont les objectifs de vos recherches ?

La transition énergétique repose sur trois piliers, dont celui de la production d’énergie bas carbone. Cependant, la mise en place de projets d’infrastructures d’énergie décarbonée se heurte à plusieurs obstacles, parmi lesquels la faible acceptation des acteurs. Cela peut retarder, voire empêcher la réalisation des projets et par conséquent, entraînant des coûts supplémentaires élevés. 

Les objectifs de mon projet de recherche ? Comprendre les causes profondes de ce manque d’adhésion et identifier les points qui peuvent contribuer à améliorer cette adhésion. Cela passe notamment par la conception de nouveaux business models permettant la réalisation de la transition énergétique.

Comment se structure votre démarche ?

Notre équipe projet est un trio ! Je travaille en effet avec Carine Sebi, coordinatrice de la chaire Energy for Society et professeur en Économie et Anne-Lorène Vernay, professeur en Management stratégique associée aussi à la chaire.

La conduite de projet s’appuie sur une méthodologie en deux temps : une revue de littérature pour comprendre les caractéristiques de l’acceptabilité et des entretiens avec les parties prenantes impliquées dans différents projets.

Nous avons analysé plus de 60 articles. Cette étude nous a permis d’identifier environ 70 facteurs d’acceptabilité. Puis, nous avons réalisé 30 entretiens auprès de profils variés présents tout au long de la chaîne de valeur : développeurs, agriculteurs, syndicats, avocats, élus, chercheurs…

Quel est l’état d’avancement du projet ?

Depuis son démarrage au printemps 2023, le projet avance bien et certains résultats sont d’ores et déjà obtenus. Par exemple, nous avons remarqué que l’acceptabilité des projets de méthanisation* doit être étudiée au cas par cas, chaque projet est unique. Aussi, contrairement à l’éolien qui nécessite une installation dédiée, la méthanisation est, quant à elle, un procédé. Son acceptabilité repose alors sur la conception et sur les pratiques d’exploitation. Les projets industriels de méthanisation impliquent trois domaines d’activité : l’agriculture, l’énergie et la gestion des déchets. Si c’est un atout pour créer un écosystème local cohérent, c’est aussi une faiblesse, car les litiges peuvent toucher chacun des trois domaines d’activités.

L’analyse du potentiel de la méthanisation doit reposer sur ces trois filières, ce qui nécessite une approche systémique, qu’aucun acteur n’est aujourd’hui en mesure de proposer.

Comment envisagez-vous la suite du projet ?

L’ambition est de tirer des enseignements concrets de nos analyses. Ces recommandations bénéficieront à tous types d’acteurs (décideurs politiques, agriculteurs, oppositions, citoyens) associés à un projet de méthanisation, ou plus largement à tout projet énergétique en lien avec l’agriculture, comme l’agrivoltaïsme** qui est en développement en France. 

Nous avons également deux projets de publications. Un premier article, conceptuel, qui proposerait une définition du business model pour l’acceptabilité. Un second, empirique, qui rassemblerait des recommandations de politiques publiques pour améliorer l’acceptabilité sociale des projets de méthanisation.

*La méthanisation est un processus biologique de dégradation des matières organiques.

** Une installation agrivoltaïque est une installation de production d’électricité utilisant l’énergie radiative du soleil et dont les modules sont situés sur une parcelle agricole où ils contribuent à l’installation, au maintien ou au développement d’une production agricole. 

 

Autoportrait !

Après l’obtention de mon Master en Management durable dans mon pays natal, le Mexique, j’ai été particulièrement attiré par le monde de la recherche. Pour moi, c’était un rêve de venir en France ! 

J’ai eu l’opportunité de venir en France pour réaliser un doctorat à l’Université de Technologie de Troyes. Cela a été possible grâce à une bourse du Conseil national de la science et de la technologie du Mexique.

Pendant mon doctorat, j’avais la conviction que les productions intellectuelles pourraient contribuer à mieux comprendre certains problèmes sociaux. Ma recherche portait sur les business models durables dans un contexte de pauvreté. Je travaillais principalement sur le cas du Mexique, où j’ai trouvé des résultats intéressants sur la manière dont les modèles d’entreprise amélioraient les conditions de vie des personnes en situation de pauvreté.             

Dans le cadre de mon doctorat, j’ai participé à un atelier organisé par l’Association internationale de management stratégique (AIMS) afin d’obtenir un feedback sur mon projet. J’ai eu la chance de recevoir des retours très utiles de la part de certains chercheurs de GEM. 

Quelques années plus tard, au sein de cette communauté, j’ai trouvé l’appel à candidatures pour un poste de chercheur post-doctoral. D’une certaine manière, ma participation à l’AIMS m’a conduit à joindre GEM et la chaire Energy for Society.           

J’apporte des compétences en matière d’analyse bibliographique et qualitative. Mais collaborer avec cette équipe pluridisciplinaire me rend également heureux, car cela contribue de manière significative à mes compétences personnelles.

À l’avenir, j’aimerais poursuivre dans le domaine de la recherche et de l’enseignement que j’affectionne, en France ou au Mexique ! 

Pour en savoir plus sur le sujet 

Auteur
Équipe GEM