On ne devient pas entrepreneur, on nait entrepreneur

On ne devient pas entrepreneur, on nait entrepreneurDevenez entrepreneur ! Face à la crise, créer son entreprise apparaît comme une solution pour éviter de passer par la case chômage. Pas si simple. Surtout lorsque l'on sait que les chefs d'entreprise qui développent leur activité sont le plus souvent enfants d'entrepreneurs. Explications avec Séverine Le Loarne, professeur à Grenoble Ecole de Management.


Avec un chômage qui atteint toujours plus de 10 % de la population active, les incitations publiques à l'entrepreneuriat sont nombreuses : statut d'auto-entrepreneur, création de zones franches pour favoriser les populations de quartiers sensibles à créer leur propre activité ou à attirer de jeunes créateurs. Sans compter la multiplicité des formations à la création d'entreprise, que ce soit dans les écoles de management, d'ingénieurs, les universités ou les chambres de commerce. «Pour autant, le nombre d'entreprises créées par an n'augmente pas et surtout elles ne sont pour la plupart pas créatrices d'emplois ni génératrices de croissance», souligne Séverine Le Loarne, professeur à Grenoble Ecole de Management. Si l'entrepreneuriat ne peut représenter une solution au chômage, il reste par ailleurs réservé à une élite.

Les enfants d'entrepreneurs mieux armés

Séverine Le Loarne a en effet mené une vaste étude destinée à comprendre les raisons de la capacité de certains à développer une entreprise, c'est-à-dire à créer des emplois et générer des revenus pérennes. Résultat : à diplôme équivalent, ceux qui « réussissent » ont au moins leur père ou leur mère chef d'entreprise… « Il ne suffit pas d'avoir un parent éloigné pour développer la capacité à faire grandir une entreprise. Nous avons constaté que ce sont les enfants d'entrepreneurs qui possèdent le plus cette capacité », complète la chercheuse.

Des compétences acquises hors des formations

Ce qui signifie que ce ne sont pas les compétences acquises au sein des écoles ou des formations qui font la différence, mais le fait d'avoir eu des parents qui transmettent leur savoir faire et le leur savoir être, le goût du risque et de l'indépendance. « Tous savent détecter des opportunités d'activité. En revanche, les enfants d'entrepreneurs savent mieux organiser très rapidement l'activité et l'entreprise, choisir leurs collaborateurs et déléguer les missions, comme la paie, la comptabilité, etc.», précise Séverine Le Loarne. Autant de qualités apprises en observant leurs parents et qui permettent d'intégrer les ficelles de l'entrepreneuriat.

Face à ce constat, les formations continues ont un rôle primordial à jouer. « Elles peuvent aider l'entrepreneur à acquérir les valeurs entrepreneuriales, en particulier à utiliser le réseau et à apprendre non seulement à détecter des opportunités d'activité, à l'exploiter mais également à la faire croitre en apprenant à déléguer et à prendre du recul par rapport aux missions de court terme », conclut Séverine Le Loarne.


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