Les stages en entreprise limités à six mois

 

Les stages en entreprise limités à six moisLa loi relative à l'enseignement supérieur de juillet 2013 est désormais applicable et impose que la durée des stages en entreprise n'excède pas six mois. Si l'objectif est de lutter contre les abus, cela implique un changement important pour les entreprises qui devront gérer différemment le recrutement de leurs futurs talents. Explications.


En 2011, la Loi Cherpion « pour le développement de l'alternance et la sécurisation des parcours professionnels » avait fixé la durée maximale des stages à six mois. Aucun décret d'application n'ayant été pris, le texte n'avait pas changé les pratiques. Le principe a été repris par la loi du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur, dont le décret du 19 août, précise le contenu, les modalités de mise en place et d'approbation des stages. Principale nouveauté pour l'entreprise : les cas de dérogation à la durée maximale de six mois sont limités. « Il s'agit de moraliser la pratique des stages pour éviter les emplois déguisés. Ce que l'on comprend. Mais nos étudiants, qui commencent leur recherche de stage dès janvier, prenaient souvent une année de césure durant laquelle ils étaient jusqu'à présent en stage pendant un an. Nous avons décidé d'appliquer dès maintenant la durée maximale. Il faudra s'adapter, en instaurant deux stages de six mois dans deux entreprises différentes », explique Jean-François Fiorina, directeur adjoint de Grenoble Ecole de Management. Environ 600 étudiants sont concernés par l'année de césure, soit 90 % d'une promotion.

Les stages sous surveillance

Pour Jean-François Fiorina, il est dommage que les grandes écoles n'aient pas participé au débat sur ce thème. « Nous organisons un encadrement strict des stages, qui doivent répondre à une finalité pédagogique. Nous sommes d'une extrême vigilance sur le sujet, le suivi et l'évaluation du stage », insiste le directeur adjoint de GEM. Par ailleurs, les stages de plus de six mois permettaient aux étudiants de tester leurs compétences sur le long terme et aux entreprises de mesurer la capacité des étudiants à gérer des projets ambitieux. « Et si pour les grandes entreprises, l'adaptation se fera sans heurts, les PME sont souvent moins informées et devront gérer différemment la gestion de leurs futurs talents », souligne t-il. Quoi qu'il en soit, tout le monde devra s'adapter. Et les entreprises devront s'attendre à d'autres mesures. Une proposition de loi devrait en effet être déposée prochainement à l'Assemblée nationale pour lutter davantage contre les abus des stages. Ce projet prévoit l'instauration d'un quota maximum de stagiaires par entreprise. Les contrevenants s'exposeront à de lourdes sanctions. Affaire à suivre.

Les points clés de la loi

  • Elaboration d'une convention type par l'établissement d'enseignement
  • Obligation d'une convention tripartite entre le stagiaire, l'organisme d'accueil et l'établissement d'enseignement.
  • Le stage doit s'inscrire dans un cursus pédagogique
  • Extension de la gratification obligatoire