Comment le moral des DAF impacte les investissements

Le directeur administratif et financier coordonne et arbitre la politique d’investissement d’une organisation. Comment sa perception du climat des affaires influence-t-elle la vie de son entreprise ?


Il est à la croisée des chemins de l’entreprise. Le directeur administratif et financier (DAF) bénéficie d’une vision financière précise de son organisation et arbitre les budgets en interne, sous le contrôle de la direction générale. « A ce titre, il s’apparente au ministère des finances de l’entreprise », commente Philippe Dupuy, enseignant-chercheur à Grenoble Ecole de Management.  Ainsi, le DAF impulse les investissements et donne le tempo financier de son entreprise. Sa perception du climat des affaires influence donc ses décisions.

LES DAF FRANÇAIS INQUIETS SUR LE CLIMAT DES AFFAIRES

Pour la première fois, le baromètre du climat des affaires établis par la Duke University depuis 20 ans c'est intéressé à la France. « Nous avons rejoint le groupe des correspondants européens et piloté l'étude française, en partenariat avec l'Association Nationale des Directeurs Financiers et de Contrôle de Gestion », précise Philippe Dupuy, coordinateur du baromètre qui s'est penché sur le moral des responsables financiers au dernier trimestre 2014. Les résultats sont à la fois attendus et contradictoires. En effet, sans surprise, le climat des affaires en France est considéré comme défavorable par les répondants, qui attribuent une note de 42 sur une échelle de 1 à 100. Soit un moral à peine plus élevé que celui des Grecs (41,3) ou des Portugais (40,8), et bien loin de celui des Allemands (72,5).

OPTIMISTES SUR LEUR ENTREPRISE

En revanche, les responsables financiers ont plutôt une bonne perception de la situation de leur propre entreprise (61,6 sur une échelle de 1 à 100). Ce résultat se rapproche cette fois du niveau européen (61,5). « L’écart marqué entre la perception de l’activité de l’entreprise et du pays est un résultat qui doit nous interroger. Dans la plupart des pays, cet écart n’est pas significatif », souligne Philippe Dupuy.

UNE INQUIÉTUDE QUI BLOQUE LES INVESTISSEMENTS

Cet écart s’explique en partie par une sensibilité accrue des responsables financiers français à des risques pourtant mondialisés, comme le taux de change, la sécurité des données ou l’accès au capital. « Or, les investissements reposent sur la confiance en l’avenir. Le manque de confiance actuel des DAF français pourrait bloquer les investissements et freiner la reprise de l’économie française » analyse Philippe Dupuy.

Une seconde enquête sera publiée le mois prochain. Il nous dira si le climat des affaires en France connaît un rebond.