Toutes les actualités
01 déc 2014

Recherche : Un tout petit effet rebond pour l’éclairage basse consommation

Les particuliers qui adoptent des ampoules basse consommation ont peu tendance à les utiliser de manière moins économique que les ampoules classiques. Une étude menée sur 6 400 ménages allemands évalue à seulement 6 % cet « effet rebond », soit beaucoup moins que dans les transports.

Cet article de Joachim Schleich est le sujet du 10ème numéro de GEM LAB Executive Summaries.

Ce qui se gagne d'un côté se perd souvent de l'autre. C'est le principe de « l'effet rebond », qui voit par exemple l'acquéreur d'une voiture peu gourmande en carburant appuyer sur le champignon et rouler davantage. Si l'économie devrait être de 100 à comportement constant et que l'économie effective est de 40, l'effet rebond est de 60 %.

Des ampoules plus puissantes allumées plus longtemps

Dans le secteur de l'éclairage, l'effet rebond induit par l'adoption d'ampoules basse consommation (compactes ou LED) est bien plus faible. Autrement dit : le jeu en vaut la chandelle, tant pour les particuliers que pour les Etats qui encouragent cette tendance.

Les travaux déjà publiés sur ce sujet évaluaient l'effet rebond à 10 ou 12 %. Le récent article de trois chercheurs ramène ce chiffre à 6 % et s'appuie sur des données solides : une étude menée en 2012 sur les comportements de 6 400 foyers allemands lors du remplacement d'ampoules électriques.

L'effet rebond constaté s'alimente à deux sources : une durée accrue d'utilisation des lampes (« elle consomme peu, inutile de l'éteindre ») et l'adoption fréquente, lors du remplacement de lampes à incandescence, d'une lampe économique à plus forte puissance d'éclairage.

« Cette montée en puissance représente à elle seule 60 % de l'effet rebond, note Joachim Schleich, l'un des auteurs. Or, les travaux précédents ne la prenaient pas en compte. Et pourtant, nous arrivons avec ces 6 % à l'effet rebond le plus faible jamais obtenu dans une étude. »

Priorité : des emballages plus explicatifs

Ce chiffre tombe même à 3 % pour l'ampoule la plus utilisée de la maison, souvent celle du salon ou de la salle à manger. Explication possible : l'économie réalisée est minime et invisible. Alors qu'une voiture économique fera vite chuter le budget carburant.

Pour les auteurs, la tendance à adopter des ampoules qui éclairent davantage peut s'expliquer par un manque de familiarité avec ces nouvelles technologies d'éclairage. Mais surtout, par la difficulté à décoder les informations techniques des emballages. Elles sont nombreuses (lumens, équivalence en watts, durée de vie estimée…) mais gagneraient à être plus compréhensibles.

A retenir

  • A 6 %, l'effet rebond constaté pour l'éclairage basse consommation est faible.
  • Il s'explique par une durée d'utilisation accrue (à 40 %) et un choix de lampes à plus forte puissance d'éclairage pour remplacer les lampes à incandescence (à 60 %).
  • Un levier important pour faire évoluer les consommateurs : des explications techniques plus claires sur les emballages des ampoules.

D'après l'article

A brighter future ? Quantifying the rebound effect in energy efficient lighting
Joachim Schleich, Bradfort Mills, Elisabeth Dütschke, 2014
Energy Policy 72 (2014) 35 – 42

Contacts
Mara Saviotti