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03 juin 2016

Recherche : transférer des technologies propres aux pays émergents

Les Clean Development Mechanisms* (CDM) favorisent-ils bien les transferts de technologies qui ralentissent le changement climatique? Une étude auprès de 137 entreprises livre un nouvel éclairage sur le sujet.

Cet article de Joachim Schleich est le sujet du 26ème numéro de GEM LAB Executive Summaries.

Le transfert de technologies (TT) et de savoir-faire entre pays industrialisés et émergents est important pour atteindre les objectifs des politiques sur le climat. Et 2/3 des participants de l'étude estiment que lors des projets CDM auxquels ils ont part, ces transferts étaient moyens à très élevés. En d'autres termes, les CDM jouent un rôle-clé.

Le rôle-clé des consultants internationaux

D'après l'article

Factors driving international technology transfer : empirical insights from a CDM project survey
Climate Policy DOI: 10.1080/14693062.2015.1069176
Carsten Gandenberger, Miriam Bondenheimer, Joachim Schleich, Robert Orzanna, Lioba Macht

Ce TT est plus intense quand les projets concernent les énergies renouvelables ou l'efficacité énergétique de procédés industriels. En comparaison, les CDM axés sur l'agriculture ou les biogaz de décharge en génèrent moins. Autre enseignement : le TT est plus élevé quand la technologie transférée existe depuis deux à cinq ans, que lorsqu'elle est plus récente ou plus ancienne.

Les chercheurs se sont penchés sur le mode de collaboration entre entreprises engagées dans un projet CDM. Le TT est plus intense quand des consultants internationaux y participent, que lorsque la collaboration passe par des joint ventures, des filiales ou des investissements directs internationaux.

* Mécanismes de financement de projets de réduction d'émissions polluantes dans les pays émergents.

Des projets dans 15 pays : Chine, Inde, Indonésie, Malaisie…

Les 137 projets CDM étudiés portent sur 15 pays, en particulier la Chine, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie et le Mexique. Leur capacité à absorber du TT est variable, de même que leurs années de pratique des projets CDM. Pourtant, ces deux facteurs ne semblent pas avoir d'influence sur les transferts de technologies.

A l'inverse de précédents travaux sur le même sujet, cette étude portait sur les avis d'entreprises ayant bouclé des projets CDM, et non sur les documents de conception des projets élaborés dans le cadre du processus d'approbation.

A ce jour, dans beaucoup de pays, la validation des projets CDM prend peu en compte leur capacité à favoriser le transfert de technologie. Pour l'inclure de manière explicite, les auteurs suggèrent d'élargir la grille de critères du processus

Plus surprenant encore : ces consommateurs partagent le risque de production. La valeur de leur part n'est pas renégociée si la récolte est plus ou moins abondante que prévu. d'approbation. Une priorité accrue serait donnée aux projets les plus novateurs ou les plus complexes, ainsi qu'aux projets « énergies renouvelables.» et « efficacité des procédés ».

A retenir

  • Les projets CDM facilitent le transfert de technologies (TT) favorables au climat entre pays industrialisés et émergents.
  • Le TT est d'autant plus intense que la technologie est récente (2 à 5 ans), complexe, et concerne les énergies renouvelables ou l'efficacité des procédés.
  • Le processus d'approbation des projets devrait demander de manière explicite des TT, en prenant en compte ces résultats.
Contacts
Mara Saviotti