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08 oct 2015

Recherche : salariés incontournables, comment leur éviter l’épuisement

Quand un salarié acquiert une place centrale dans les échanges quotidiens entre collaborateurs, de par sa fonction ou son expertise, il risque d'être submergé sous le poids des sollicitations. Comment prévenir le désengagement, le burn-out ou le départ pur et simple de l'entreprise ?

Cet article d'Alexandra Gerbasi est le sujet du 18ème numéro de GEM LAB Executive Summaries.

D'après l'article

Thriving in Central Network Positions : The Role of Political Skills
Journal of Management - DOI : 10.1177/0149206315571154Kristin L. Cullen, Alexandra Gerbasi,
Donna Chrobot-Mason, 2015

L'étude menée auprès de 156 collaborateurs RH d'une multinationale américaine livre des éléments de réponse concrets.

Ces salariés ont été interrogés pour savoir à quelle fréquence ils communiquaient avec leurs collègues. Les plus sollicités – appelonsles par commodité les « incontournables » – souffrent fréquemment de deux maux.

Confusion des rôles et sensation de surcharge

D'abord, une confusion permanente sur leur rôle, leurs objectifs et les priorités d'action qui en découlent. Ensuite, un sentiment constant de surcharge : malgré leurs efforts, ils ont l'impression de ne jamais pouvoir faire face à toutes les demandes.

Le tableau est plus contrasté quand le salarié incontournable a des compétences en management. Il sait prioriser, déléguer, reporter ce qui peut l'être : la confusion autour de son rôle est moindre. Mais l'impression de surcharge demeure.

Or, les salariés incontournables sont presque toujours très performants. Il peut s'agir « d'anciens » qui savent tout de l'entreprise, d'experts techniques qui font référence dans leur domaine, de collaborateurs engagés sur plusieurs projets transversaux…

Former aux soft skills du management

A trop les solliciter, l'entreprise risque de saper leur énergie et leur engagement. Ou pire, de les perdre suite à un burn-out ou une démission. Le risque est encore plus fort si l'organisation privilégie les structures plates, les échanges informels, le management par projets : rien ne vient endiguer le flot des demandes.

Les chercheurs accordent donc une place privilégiée aux soft skills du management pour soulager les salariés incontournables. Ceux qui en sont dépourvus gagneront à être formés.

A l'inverse, l'entreprise qui recrute pour un poste « carrefour » privilégiera les candidats les mieux armés pour gérer des priorités ; encore faut-il avoir identifié que le poste induit de multiples sollicitations.

Mais ces précautions ne réduisent pas la charge globale supportée par le salarié. Et l'entreprise gagnera à traiter le problème à la source, en définissant ses postes, ses équipes et ses procédures de travail sous cet angle du volume de demandes à traiter.

A retenir

  • Les salariés qui tiennent une place centrale dans le réseau d'échanges interne sont souvent surchargés et peinent à gérer leurs priorités
  • Le sentiment de confusion s'atténue chez ceux qui savent prioriser, déléguer, refuser, décaler. Mais l'impression de surcharge demeure.
  • Les entreprises peuvent prévenir ces situations en travaillant sur leur organisation, leurs postes et leurs procédures.
Contacts
Mara Saviotti