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16 juin 2015

Recherche : Pour empêcher les sportifs de manger plus, offrez-leur du plaisir

Alors que le sport devrait être bénéfique pour notre santé, beaucoup de pratiquants ont tendance à manger davantage ou moins sainement après l'effort. Sauf si celui-ci a été vécu comme un moment de plaisir et non d'exercice… Une étude qui ouvre des nouvelles pistes aux acteurs du sport et de la santé.

Cet article de Carolina Werle est le sujet du 14ème numéro de GEM LAB Executive Summaries.

« Après l'effort, le réconfort ». Une phrase appliquée avec zèle par beaucoup de ceux qui pratiquent une activité physique ! Ils ont tendance à manger davantage, ou moins sainement, après l'effort. Pour contrer ce mécanisme de compensation, trois chercheurs, dont Carolina Werle de Grenoble Ecole de Management, privilégient la dimension plaisir.

Grâce à trois études menées aux Etats-Unis et en France, auprès de plus de 300 sujets au total, ils ont montré que les pratiquants faisaient de meilleurs choix alimentaires après un effort s'ils avaient eu du plaisir à l'effectuer.

Mousse au chocolat ou compote de pommes ?

D'après l'article

Is it fun or exercise ? The framing of physical activity biases subsequent snacking
Marketing Letters – DOI 10.1007/ s11002-014-9301-6
Carolina O.C. Werle, Brian Wansink, Collin R. Payne, 2014

Tous les sujets se voyaient offrir une collation gratuite après un effort. De manière constante, les sujets qui avaient ressenti le moins de plaisir faisaient des choix perçus comme moins bons pour la santé : la mousse au chocolat plutôt que la compote de pommes, la barre chocolatée plutôt que la barre de céréales… Quand des friandises étaient proposées en libre-service, ils en prenaient deux fois plus que les sujets qui avaient ressenti beaucoup de plaisir.

Le plaisir est donc une composante forte de l'exercice physique. Plus le sujet le trouve dans sa pratique, moins il ressent le besoin de se l'attribuer après coup à travers des choix alimentaires peu inspirés.

Eviter le sport pour le sport

Aussi, les auteurs recommandent d'éviter « le sport pour le sport », peu générateur de plaisir, au profit d'activités physiques orientées vers d'autres objectifs. Aux clients des centres de remise en forme venus perdre du poids, on proposera un climat de détente, d'amusement et de convivialité. Aux fabricants de matériels de fitness, on suggérera d'enrichir les fonctions de leurs équipements : un tapis de course avec écran vidéo générera plus de plaisir, de pratique, de perte de poids et in fine, de satisfaction client.

Enfin, les auteurs conseillent aux professionnels de santé qui suivent des patients en surpoids de faire preuve de pédagogie. La recommandation d'usage - bouger plus et manger moins – peut être rendue inopérante par ce mécanisme de « bouger plus, manger plus », avec le risque que l'intéressé se décourage et cesse de faire des efforts

A retenir

  • A effort physique équivalent, c'est l'intensité du plaisir ressenti qui guide le pratiquant vers des comportements alimentaires bénéfiques
  • Ce plaisir ne nait pas de l'exercice physique lui-même mais des objectifs qu'il sert : écouter de la musique, admirer des paysages, renforcer des liens sociaux…
  • Les professionnels du sport et de la santé doivent intégrer cette dimension. plaisir dans leur offre ou dans les conseils à leurs patients.
Contacts
Mara Saviotti