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05 mai 2014

Recherche : le management participatif c'est bon pour tous les salariés et les dirigeants

Mark Smith est professeur en des ressources humaines et doyen du corps professoral à Grenoble Ecole de Management

Quand ils sont associés aux pratiques de management participatif, les salariés les plus vulnérables bénéficient de meilleures conditions de travail. Et leur employeur s'y retrouve... C'est ce que montre un article qui exploite les résultats d'une étude auprès de 29 000 salariés, dans 27 pays européens.

Cet article de Mark Smith est le sujet du 5ème numéro de GEM LAB Executive Summaries.

D'après l'article

Participatory HRM practices and job quality of vulnerable workers
The International Journal of Human Resource Management
A. Piasna, M.Smith, J. Rose, J. Ruberty, B. Burchell and A. Rafferty, 2013

L'article considère comme « vulnérables » les personnes faiblement qualifiées et les femmes. Il montre en effet que ces deux catégories de salariés supportent des conditions de travail plus difficiles que les autres : environnement bruyant et/ou à risques, cadences élevées, changements d'horaires fréquents, faibles perspectives d'évolution...

Ces salariés vulnérables sont aussi moins consultés sur l'organisation du travail et l'amélioration des conditions de travail. Moins de 20 % d'entre eux (contre 31 % des salariés à haut niveau de qualification) ont accès à toutes les pratiques de management participatif : communication interne, groupes de travail, boîtes à idées, comités consultatifs, actionnariat d'entreprise etc.

Les salariés vulnérables sont eux aussi des bons « problem solvers »

Pourquoi cette situation ? Parce qu'il y a davantage de femmes et de salariés peu qualifiés dans les entreprises et les secteurs d'activité (hôtellerie, restauration, distribution) qui vivent sous la pression permanente du client et pratiquent peu le management participatif. Mais aussi parce que l'apport des salariés vulnérables à la résolution de problèmes et à l'amélioration de la performance est jugé moins riche, moins utile à l'entreprise.

Or, il n'en est rien. Dans les entreprises qui associent les salariés vulnérables au management participatif, ces derniers bénéficient de bien meilleures conditions de travail ; et ils en bénéficient tout autant que les autres salariés. « De meilleures conditions de travail, cela signifie moins de stress, moins d'accidents, moins d'absences maladie, moins de turnover, rappelle Mark Smith : pour les employeurs, le retour sur investissement est significatif ».

Autres enseignements de l'article : quand le management participatif existe, les conditions de travail sont meilleures à tous points de vue, et pas seulement sur certains aspects. De même, les conditions de travail sont meilleures quand tous les outils de management participatif sont activés, et pas uniquement certains d'entre eux. Les entreprises ont donc intérêt à miser pleinement sur ce cercle vertueux !

A retenir

  • Les salariés vulnérables sont moins associés que les autres aux pratiques de management participatif
  • Quand ils y sont associés, ils en tirent autant de profit que les autres salariés et apportent autant à l'organisation du travail
  • Dans les 27 pays européens, le management participatif a un impact positif quelle que soit la réglementation nationale sur la santé et la sécurité.
Contacts
Magali Michel

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