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02 mar 2015

Parité hommes et femmes en France

Le 8 mars, journée de la femme, est l’occasion de faire le point sur les conditions de travail des femmes : inégalités salariales, employabilité, postes à responsabilité… Les femmes françaises sont-elles mieux loties que leurs voisines européennes ? Mark Smith, enseignant chercheur à Grenoble Ecole de Management et spécialiste de la parité homme /femme donne son point de vue sur le sujet.

Inégalités salariales : peut mieux faire !

Les chiffres témoignent, une femme française est en moyenne payée 15,4 %* de moins que son homologue masculin. Un écart qui se situe dans la moyenne des pays de l’Union Européenne (16,5 %). De ce point de vue, une femme française a plutôt intérêt à travailler au Luxembourg où l’écart salarial avoisine les 8,6%. L’Allemagne souvent citée en exemple se trouve loin derrière la France avec un écart salarial de 22,4 %. De même pour l’Angleterre où le taux est de 19,1 %.
Mark Smith note que depuis quelques années, l’écart salarial entre hommes et femmes s’est réduit. «Ce n’est pas un pas vers l’égalité mais plutôt une conséquence directe de la crise. En effet, les salaires masculins ont été revus à la baisse ».

Employabilité des femmes : un bilan mitigé

Les femmes françaises en âge de travailler sont moins actives que leurs voisines européennes.

En effet, le taux d’activité des femmes en France est de 66 %. Un chiffre très proche de la moyenne de l’Union européenne (63 %) mais qui situe la France derrière l’Allemagne (73 %), les pays nordiques (72 % à 77 %) ou l’Angleterre et surtout loin des objectifs fixés par la communauté européenne à 75 %.

30 % d’entre elles travaillent à temps partiel

Le taux d’emploi à temps partiel est moins important en France (30%) que dans les autres pays de l’Union européenne où il atteint 47 % en Allemagne, 42 % en Angleterre, 38 % en Suède et grimpe même à 77 % aux Pays Bas. Mark Smith précise « La femme française peut répartir son temps partiel en journée (ex 4 jours), ce qui n’est pas forcément possible dans les autres pays où le temps partiel est plutôt réparti en heures. Cette spécificité française peut être considérée comme un avantage car elle permet aux femmes de concilier vie professionnelle et vie privée alors que dans d’autres pays, elles doivent faire le choix de privilégier l’une ou l’autre. Ce temps partiel « à la française » présente un autre avantage, celui de ne pas isoler la femme de l’organisation de son entreprise et de lui permettre de prétendre à des postes à responsabilité.»
Cependant, l’idée du temps partiel réservé aux femmes pour s’occuper de l’éducation des enfants est encore très ancrée dans les mentalités. Une situation qui maintient les discriminations, la précarité et les postes à bas salaires.

Pour un pas vers l’égalité

Selon Mark Smith, la clé réside bien évidement dans le changement des comportements des hommes mais aussi des femmes. En cela, l’approche légale permet d’amorcer ce changement (exemple la loi Evin et la cigarette) mais pour réduire les inégalités d’autres mesures sont nécessaires. Promouvoir d’avantage de transparence dans les entreprises pour réduire les inégalités salariales est un levier d’actions possible. L’utilisation des audits pour déceler les axes de progrès que l’organisation doit effectuer dans ce domaine est aussi un bon outil. 

Sur le plan sociétal, la mise en place de moyens novateurs d’organisation des congés pour les pères comme pour les mères (plus seulement les mères), d’avantage de souplesse dans les organisations pour laisser les pères vivre leur rôle de pères actifs, l’accès à toutes les professions que l’on soit homme ou femme sans ségrégation sont quelques-uns des nombreux leviers à activer pour favoriser le changement de mentalités.

* Les sources chiffrées proviennent de Eurostat (Agence de données de l’Union Européenne)

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Laura Leick