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06 avr 2012

Le vrai visage des business angels

Alors que les business angels viennent de tenir leur université de Printemps à Grenoble, ils interpellent les candidats à la présidentielle pour que l'Etat reconnaisse leur rôle. Mais qui sont ces acteurs qui investissent leur patrimoine dans de jeunes entreprises innovantes ? Pour la première fois, une étude académique menée auprès des business angels rhônalpins dresse leur portrait.

Cette étude réalisée par Christophe Bonnet, professeur à Grenoble Ecole de Management, et Peter Wirtz, professeur à l'IAE de Lyon, sous l'impulsion du réseau Grenoble Angels, donne les caractéristiques individuelles (formation, expérience, motivations), pratiques d'investisseurs (activité, critères de sélection...), succès des entreprises financées (croissance, emploi..) des business angels rhônalpins.

 

Méthodologie

Christophe Bonnet et Peter Wirtz sont enseignant-chercheurs et ont publié plusieurs travaux de recherche en finance entrepreneuriale.
Par business angels (BA), on entend des investisseurs individuels qui accompagnent des sociétés de proximité à fort potentiel.
L'étude a été menée entre décembre 2011 et février 2012 sur Internet. Les 124 répondants sont membres de 7 réseaux de business angels rhônalpins affiliés à France Angels.

 

 

Synthèse des résultats :

Leur profil

Cette étude confirme les caractéristiques des business angels mises à jour par de précédentes enquêtes réalisées sur leur profil par le réseau France Angels :

  • population fortement masculine,
  • diplômée,
  • âge moyen 55 ans,
  • expérience de direction d'entreprise (69 %), d'entrepreneur (52 %).

Leurs motivations

Les motivations ne sont pas seulement financières ou fiscales : l'aide aux jeunes entrepreneurs, la transmission d'expérience et le plaisir sont les premières raisons citées.

Leurs pratiques d'investissement 

L'enquête révèle que l'activité des business angels est récente :

  • 84 % ont adhéré à un réseau depuis 5 ans ou moins,
  • 25 % n'ont pas encore fait leur premier investissement.
  • 74 % de ceux qui ont déjà investi l'ont fait depuis 5 ans ou moins.

Le montant cumulé investi par chaque angel depuis le début de son activité est inférieur à 100 000 € dans 77 % des cas.

Les business angels sont des investisseurs de proximité actifs :

80 % des BA référents ont un contact au moins une fois par mois avec l'entrepreneur.
Les principales contributions sont le support aux entrepreneurs et le lien avec l'environnement (contacts, informations sur le marché...)

58 % des investissements sont faits en phase « early stage ».

  • Ils sont diversifiés en termes de secteur d'activité mais on observe tout de même une prédominance de la haute technologie (48 %
  • Les entreprises comptent moins de 5 salariés dans 65 % des cas.
  • Le retour sur investissement est contrasté, ce qui traduit le risque financier de cette activité : 38 % des sorties déclarées ont généré une perte mais 40 % ont permis une récupération de 2 fois le montant investi (ou plus). 

Les business angels investissent dans des entreprises de forte croissance :

  • 74 % d'entre elles sont en croissance de chiffre d'affaire depuis l'entrée des BA,
  • 30 % sont en croissance de plus de 20 % par an.

Les BA investissent dans des entreprises qui créent de l'emploi :

L'effectif salarié a cru dans 56 % des investissements (depuis l'entrée du BA),

5 emplois nets créés en moyenne par investissement,

Effectif net multiplié par trois en moyenne dans les entreprises de moins de 5 salariés.

 

En définitive, la contribution à l'emploi est similaire à celle constatée aux USA (5 emplois créés par investissement). Les BA français sont globalement proches de leurs collègues anglais et américains par leurs caractéristiques individuelles (âge, expérience...) mais tendent à investir des montants plus faibles, dans des entreprises de plus petite taille.