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11 mar 2015

Festival de géopolitique : un sondage sur les frontières

Dans le cadre du Festival de Géopolitique qui se déroulera du 12 au 15 mars 2015, Grenoble École de Management a demandé à l’institut Harris Interactive d’interroger un échantillon représentatif de la population française sur le concept de « frontière » de façon générale.

Quels sont les principaux enseignements de cette enquête ?

Spontanément, les Français associent les frontières à des « passoires » inefficaces

Pour contenir les flux migratoires, des frontières qui sont devenues peu visibles à leurs yeux entre les différents pays d’Europe : 61% jugent qu’elles n’existent pas ou plus à cette échelle.Nuage de mots automatiquement généré à partir de l’exhaustivité des réponses spontanées à la question ouverte.La taille d’un mot dans le visuel représente sa fréquence d’utilisation : le mot écrit en plus gros caractères est celui qui a été le plus utilisé par les sondés dans leurs réponses. L’emplacement d’un mot au sein du nuage n’a pas de signification particulière, pas plus que sa couleur.

Les personnes interrogées perçoivent l’existence de frontières d’un œil plus positif (36%) que négatif (25%)

une majorité relative les abordant toutefois de manière neutre (39%) : selon les Français, les frontières participent au sentiment d’appartenance (83%), permettent des relations diplomatiques stables (74%) et, dans une moindre mesure, protègent les citoyens d’un pays de menaces extérieures (58%).

Dans l’idéal, les Français estiment que l’enjeu des frontières doit être posé à un niveau international (73%) 

plutôt que strictement national (25%), et leur appréciation du concept repose principalement sur un cadre légal : une frontière sépare avant tout des espaces appliquant des lois différentes (49%).

Sur le cas plus précis des frontières hexagonales, deux Français sur trois (64%) jugent qu’elles ne sont aujourd’hui pas assez surveillées

 ce qu’ils considèrent pourtant quasi unanimement possible (91%, et même 52% « tout à fait possible »)

Jean-Marc Huissoud, Directeur du Centre d’Etudes en Géopolitique et Gouvernance de GEM et co-organisateur du Festival, livre son analyse

« Ces résultats montrent un certain flou dans la conscience des français quant aux enjeux frontaliers. Tout d’abord parce la frontière est beaucoup plus incarnée aujourd’hui entre l’Europe et le reste du monde qu’entre pays européens. Des frontières sont perçues entre « continents » de manière forte, ce qui relève de l’imaginaire plus que de la réalité. C’est peut-être une manière discrète de transgresser le discours sur le choc des civilisations, difficile à exprimer comme tel en France. Mais encore une fois, une forme de conscience européenne se trahit dans ces résultats.

De plus, ce sondage évoque beaucoup plus une frontière « filtre » qu’une frontière « barrière ». Ce que la frontière incarne c’est surtout du droit. Les différences « radicales » (langues, religions) obtiennent des identifications faibles.

La demande enfin, contexte oblige, est surtout de sécurité et s’assortit d’une utopie de contrôle fort. Mais contre toute attente, les questions d’emploi, de protectionnisme économique, sont absentes ou sous-jacentes, de même que la question des migrations.

Finalement la frontière semble être une barrière contre l’absence de gouvernance, une manifestation d’une volonté d’identité et de choix collectif, sans que l’une soit exclusive de l’autre, tant qu’il n’est pas une menace. »

Jean-François Fiorina, Directeur adjoint de GEM, se félicite de son côté de la pertinence du choix du thème de cette 7ème édition du Festival 

« Les résultats de ce sondage montrent que le sujet des frontières interpelle les français, encore plus en cette période mouvementée. Cette 7ème édition du Festival de Géopolitique place une nouvelle fois Grenoble Ecole de Management au cœur de sa mission de School for Business for society. »

 

Contacts
Isabelle Sauret