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13 fév 2017

Festival de géopolitique 2017 : Le pouvoir des villes en question

Festival de géopolitique 2017 : Le pouvoir des villes en question

Selon l’ONU, 53 % de la population mondiale est aujourd’hui urbaine. 70 % à la fin du XXIème siècle… Ce changement d’équilibre à l’échelle planétaire, entre populations diffuses et populations concentrées, est facteur de déstabilisation. 

Du 8 au 11 mars prochain, la 9ème édition du Festival de géopolitique, organisée par Grenoble Ecole de Management, scrutera les grands enjeux de ces bouleversements.

Le pouvoir des villes ? « La thématique est pertinente au regard des enjeux socio-économiques, de développement, de santé, de sécurité… qui sont posés par les nouveaux équilibres de la population mondiale. Car, si aujourd’hui la population mondiale est urbaine à plus de 50 %, soulignons que jusqu’en 1950, 70 % de la population planétaire était rurale », rappelle Jean-Marc Huissoud, directeur du Centre d’études en géopolitique et gouvernance de Grenoble Ecole de Management, co-fondateur et directeur du Festival de géopolitique de Grenoble.

Un phénomène structurel mondial

L’urbanisation de la population mondiale induit, de fait, la multiplication du nombre de très grandes villes, telles que Tianjin en Chine, New Delhi, les villes Africaines… qui franchissent le seuil des 5 millions d’habitants. « Ces villes se positionnent comme des acteurs internationaux à part entière, et cristallisent des points de fixation : hyper-concentration de l’activité économique, inégalités sociales, pollution…, relève Jean-Marc Huissoud. Ces très fortes inégalités territoriales soulèvent plus que jamais les grands défis de gouvernance mondiale. En témoigne, la conférence Habitat 3 à Kyoto, qui a pointé les facteurs de risques et les facteurs privilégiés d’une urbanisation mondiale intensive. »

A l’échelle régionale et locale : le pouvoir des villes doit se réinventer

« A l’échelle régionale, ces villes, qui s’accroissent, mobilisent des ressources, captent de la main d’œuvre… et représentent des pôles d’attraction inépuisables, générant une recomposition de la distribution de la population. La ville représente bien sûr un enjeu local, via la gestion de leur croissance, de l’urbanisation, des infrastructures… Mais la ville, en concentrant le pouvoir politique, associatif, culturel… demeure d’abord un lieu d’émergence de la contestation politique et citoyenne. Ce qui, en soi, accroît les déséquilibres territoriaux. L’on touche-là la question cruciale de la démocratie participative et de la gestion de Républiques urbaines, souligne Jean-Marc Huissoud.

Investissements structurants, ressources humaines et financières, légitimité du pouvoir politique et des institutions, paix civile… sont donc les grands défis qui sont posés par l’urbanisation de la population mondiale.

La 9ème édition du Festival de géopolitique de Grenoble Ecole de Management se propose d’y répondre. Experts en géopolitique et en relations internationales, enseignants, économistes ou politiques viendront apporter leur éclairage aux citoyens, institutions, entreprises, intellectuels et étudiants, soucieux de comprendre le monde en recomposition. En 2016, près de 10 000 personnes ont assisté aux conférences sur place ou en ligne.


La Biennale de la ville en transition, organisée par la Ville de Grenoble.

Contacts
Isabelle Sauret

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