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24 sep 2015

Chaire Orange Digital Natives : quand les diplômés rêvent de conventions dans les grandes entreprises

La génération Y, celle qui bouscule l'entreprise et qui perturbe les habitudes de management de ses ainés » c'est l'image que véhicule notre société sur ces jeunes de moins de 30 ans. Et si en réalité ces derniers ne rêvaient que d'une chose : s'intégrer dans leur entreprise, « sans faire de vague » et « rentrer dans le moule ». C'est ce que démontre une récente étude menée dans le cadre de la Chaire GEM – Orange « Digital Natives

C’est un résultat plutôt à contre-courant qu’a révélé l’étude sur la « relation de la Génération Y au numérique » menée dans le cadre de la Chaire GEM – Orange Digital Natives.

Le périmètre de l’étude s’est porté sur des jeunes  bac + 5 qui travaillent depuis moins de 3 ans dans de grandes entreprises. « Ces entreprises ont une organisation très établie et il était intéressant de savoir si les natifs digitaux pouvaient ou voulaient casser les codes de celles-ci grâce au numérique » explique Renaud Cornu Emieux.
« Avec cette étude nous cherchions à comprendre quelle relation ces jeunes entretiennent-ils avec le numérique dans le monde de l’entreprise. Cela peut paraître étonnant comme questionnement étant donné que cette génération n’a pas connu autre chose que les outils numériques. Nous voulions déterminer si grâce au numérique, les Y sont les acteurs principaux de la transformation digitale des entreprises, un enjeu actuel pour notre société»  poursuit Renaud Cornu Emieux, titulaire de la Chaire.

Banalisation de l’outil numérique et sens de la hiérarchie

Les premiers enseignements confirment ainsi que cette génération utilise les outils numériques avec une grande aise et voit beaucoup d’avantage à les pratiquer : communication collaborative, travail à distance, rapidité d’exécution des taches, réactivité… D’autre part, la réduction de la frontière entre vie privée et vie publique est bien réelle et vécue par l’ensemble des répondants.

Il ressort aussi que l’outil numérique, banalisé, fait partie intrinsèque de la vie dans l’entreprise. Naturellement, les jeunes interviewés se sentent plus à l’aise que leurs ainés et pensent qu’ils peuvent avoir un rôle à jouer dans ce domaine sans pour autant avoir l’impression d’innover.

Le mail en est un bon exemple ; il est plébiscité par les Y comme étant un bon moyen de communication et favorisant les relations transversales (70 à
90 % du temps passé contre 5 à 30 % au téléphone). Mais il ne remet pas en cause la hiérarchie et encore moins le fait de ne pas la respecter.
Car l’essentiel est là, le numérique favorise certes les échanges et la collaboration mais pour ces digitaux natifs, il ne change pas les comportements car tout est question d’état d’esprit. et de culture d’entreprise.

La grande entreprise : un lieu conventionnel et politiquement correct

« Cette étude nous a permis de constater que les jeunes interviewés ont une représentation assez conventionnelle des groupes dans lesquels ils travaillent. La majorité d’entre eux cherchent à se fondre dans la masse, à ne pas faire de vagues et surtout à ne pas casser les codes de l’entreprise » ajoute Renaud Cornu Emieux.

En effet, les résultats de cette recherche révèlent que les jeunes professionnels sont bien conscients de la dimension politique de ces entreprises et reconnaissent l’importance « d’être dans le moule » pour progresser. La majorité d’entre eux vise à obtenir leur CDI, bien souvent après un long parcours dans le groupe : apprentissage, intérim, CDD…

Rares sont ceux qui cherchent à transformer leur entreprise. Ils rêvent d’une entreprise idéale celle qui serait un lieu d’expression, et qui leur permet de s’épanouir avec le sentiment de progresser. Bien que se disant relativement heureux, ils sont assez critiques sur leur univers professionnel qu’ils trouvent trop politique et lourd en termes de processus. Et ne considèrent pas les outils numériques comme un remède à cela !

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CORNU EMIEUX Renaud