La salle de classe du futur

classe du futurDans une salle vitrée de 18 m2, une douzaine d’étudiants travaillent sur un sujet de finance internationale. Au début de l’heure, ils ne formaient qu’un seul groupe : l’enseignant répondait à quelques questions sur le cours en ligne qu’ils avaient étudié au préalable. Puis il a lancé un exercice à réaliser en sous-groupes : en quelques secondes, les tables et chaises sur roulettes ont glissé aux quatre coins de la salle et six binômes se sont mis au travail.

Un tableau numérique interactif sur chaque mur

L’enseignant circule parmi eux, commente, explique. Par moments, il projette sur un mur les notes de l’un des groupes, transmises par wifi. Chaque mur de la pièce porte en effet un tableau numérique interactif, connecté à un PC.

Sur ce tableau, on peut aussi créer des formes avec un stylet, faire glisser des objets (carte, graphique), les agrandir, les déplacer, changer leur couleur… Sans oublier l’accès internet, qui permet d’afficher des documents, des vidéos, des powerpoints…

A Grenoble Ecole de Management, cette salle de classe du futur existe depuis peu, en tant que laboratoire et centre d’apprentissage pour les enseignants. D’autres tableaux numériques interactifs vont être installés dans trois salles de classe traditionnelles, trois fois plus grandes, capables d’accueillir une quarantaine d’étudiants.

Fin de carrière pour le cours magistral

« La technologie arrive en force et bouleverse la façon d’apprendre, explique Marc Humbert, enseignant-chercheur à Grenoble Ecole de Management : pédagogie par projets, travail par petits groupes, apprentissage collaboratif adapté à la composition de chaque groupe. » Qu’ils sont loin, le cours magistral et l’amphi aux 150 tables vissées au sol...

La technologie est l’outil qui permet cette autre pédagogie. C’est aussi le déclencheur qui la rend indispensable. «Aujourd’hui, même les cours d’Harvard sont en ligne gratuitement, note Hélène Michel, spécialiste des serious games à Grenoble Ecole de Management. Nos étudiants n’ont pas besoin de nous pour accéder au savoir. En revanche, ils doivent être accompagnés pour approfondir, mettre en pratique, croiser des approches. » Toutes choses que cette salle de classe interactive et connectée au monde permettent de faire.

S’inspirer des rythmes de l’école maternelle ?

Mais que deviennent les notions de « salle », de « cours » et même de « professeur » ? « La remise en cause est profonde pour les enseignants, reconnaît Hélène Michel. A l’extrême, ils peuvent se demander s’il vaut mieux avoir un doctorat ou un diplôme d’animateur pour bien faire leur métier. »

L’inspiration est peut-être à puiser du côté des écoles primaires, voire maternelles. Pour conserver l’attention des bambins, les instituteurs savent à merveille alterner les temps calmes, les jeux, l’action, la créativité.

« Ces ruptures successives, ces activités qui font appel au ludique, au cognitif ou à l’émotionnel dessinent sans doute les contours de la pédagogie de demain, estime Hélène Michel. Et la technologie accompagne cette agilité. »

Restent les questions pratiques. Combien coûte l’équipement d’une salle ? Peut-on imaginer équiper une école entière ? Faut-il investir alors que la technologie change en permanence ? Il faudra des années pour les éclaircir. Mais à Grenoble, l’existence de cette première salle à la fois laboratoire et show-room facilitera grandement les choses.

En savoir plus en vidéo sur les tableaux interactifs.


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