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L’entreprise 2.0 : de quoi parle-t-on ?

Time to anticipate : être prêt à anticiper.


Encore faut-il se doter des instruments, réflexions, outils et analyses requis pour cette aventure vers cette nouvelle version de l’entreprise que chacun annonce sans savoir encore vraiment ce que c’est : l’entreprise 2.0, la next entreprise.


Il convient donc de relever les nouveaux défis de la complexité de cette entreprise nouvelle et d’assembler  les premières pierres de l’édifice qui reste à ériger ; celui du modèle de création de valeur et du fonctionnement de l’entreprise nouvelle dans un monde ou l’énergie et la matière, ressources et ingrédients de base de l’ère industrielle que nous laissons peu à peu derrière nous, laissent place à l’information – la nouvelle énergie – et à la matière grise que chacun active. Ressources inépuisables, activées et disponibles grâce aux technologies culturelles et de l’esprit que sont devenues les technologies 2.0 et du social media, qui nous invitent à penser autrement aussi bien le travail, le management, l’innovation, la production,  les processus et l’organisation.que les nouveaux modèles de création de valeur ?


L’entreprise 2 .0, avec ses indispensables processus d’innovation et de collaboration revisités, est cette entité vivante et particulière dans laquelle chacun des collaborateurs (re)devient l’artisan de toute solution. A l’heure où les métiers deviennent de plus en plus tacites,  l’enjeu pour chacun n’est-il pas de mettre dans son propre contexte les informations nécessaires pour résoudre les problèmes qui se posent ? Flux d’information et communication permanente qui mettent en solution les problèmes s’appuyant sur la connaissance incarnée et portée par tous et chacun…on commence à comprendre pourquoi la collaboration, l’innovation, les processus qui deviennent 2.0 s’appuient de plus en plus sur une approche sociale voire anthropologique de l’organisation. Nicolas Rolland, directeur de la prospective sociale du Groupe Danone, pilote du programme Danone 2.0 et qui contribue comme chercheur associé aux travaux de l’Institut de l’Entreprise 2.0, indique quant à lui le chemin à suivre pour cette démarche sociale de transformation et d’appropriation des nouveaux processus : renforcer et développer les aptitudes et les comportements en matière de réseau et d’adoption des valeurs de confiance ; ensuite redéfinir l’organisation et déployer des logiques transversales ; enfin imaginer et déployer les usages des technologies de l’information.


Au stade particulier que nous vivons tous, d’une co-évolution, accélérée et pas toujours comprise, des technologies, des modèles d’organisation et de management, et des modèles de création de valeurs et de mesures de la performance, il convient de prendre un peu de recul pour savoir comment l’homme et la femme qui sont devenus le facteur lent de cette fulgurante évolution puissent trouver le sens, le plaisir et l’intérêt pour y contribuer activement.


De plus, il devient chaque jour plus évident que la création durable de richesses et leur distribution dans une économie qui s'appuie de plus en plus sur l'innovation, – produits, services et organisationnelle – et la capacité de tous et chacun à mobiliser compétences et connaissances, conduit à revisiter les bases de nos modèles économiques. L'évolution en cours d'une économie de la transaction marchande de biens matériels, vers une économie à inventer,  s’appuyant sur l’usage, l’innovation de services et la transaction-partage de biens immatériels souligne, autant qu'elle révèle, les multiples paradoxes que nous devons là-aussi pratiquement confronter. Le passage d'une approche économique basée sur les fondements d'une économie industrielle à un autre modèle basé sur le triptyque informations– connaissances-richesses humaines n'est pas nouveau en soi, mais il devient impératif et urgent de clarifier de manière concrète les nouveaux enjeux ainsi que les réponses opérationnelles à apporter. De fait, l’entreprise 2.0 dans la maturité de son développement nous fait passer de la chaîne de valeur à la chaîne des valeurs qui la font vivre - confiance, transparence, reconnaissance, respect, discernement, écoute, empathie, réputation, audace – qui résonnent parfois comme des utopies tant le darwinisme qui fonde nos logiques d’adaptation humaine, a notamment pour levier la prééminence de l’efficacité mesurable à l’aune du ROI. Mais comme le dit JP Rangaswami, I've never seen a document describing the ROI of restrooms and urinals ..on ne peut pas s’en passer.


Dans le même temps, au moment, où les entrepreneurs, pour réussir doivent devenir des entrepreneurs de la connaissance, des cueilleurs de compétences et des cultivateurs de confiance, des mots tels que contrôles, sécurité, protection, processus qualité,…sonnent parfois comme des archaïsmes ; certes, ils rassurent mais ils contribuent peu à ces évolutions nécessaires qui nous entraînent. Mais, bien sur, ne soyons pas naïfs. Assurons-nous que les nouvelles règles de l’entreprise – on passe du contrôle/commande à la régulation et la reconnaissance - et les pratiques collaboratives, sources inépuisables de la création de richesse, ne soient pas détournées ou ignorées. De nouvelles missions et des processus inédits sont à inventer et à mettre en place. En effet, dans une économie de la réputation, de la vérité et de l’éthique, des responsabilités et compétences nouvelles vont être requises ; il faut former les femmes et les hommes qui soient à la fois animateurs et vigiles de cet environnement de la transparence, de la réputation et de la confiance qui émerge.


Ainsi, comme les entrepreneurs et bâtisseurs d’un nouveau monde, nous somme embarqués dans la fusée de la transformation de nos entreprises autant que de notre quotidien. Fusée dont les différents étages, à savoir, les technologies NBIC et leurs convergences (nano, bio, information, cognitive), l’économie nouvelle en construction ou économie 2.0, les transformations démographiques et géopolitiques, et le développement durable nous amène à explorer des nouveaux univers qui nous déroutent, mais qui sont riches de promesses. Dans le même temps le choix entre le management de la valeur au niveau de l’entreprise et la maîtrise des logiques marché et hors marché devient un enjeu fondamental. C'est sur cette question que va se jouer notre capacité à traverser les ruptures que l’on peut entrevoir tout en gardant un certains nombre d’éléments de qualité sociale et humaine dans nos sociétés.
Avec l’homme et la femme acteur et au centre de ces évolutions, et des frontières de l’entreprise qui s’estompent. Plus que jamais l’entreprise devient une histoire de relations entre tous et chacun, unis par une destinée collective. Communauté de destin autant que communauté de dessein, l’entreprise se construit autour de l’usage inventif des technologies nouvelles, de  l’innovation, de la création et de la capacité à animer l’écosystème vivant de toutes les parties prenantes.

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